La plagiocéphalieFleche-Haut


On dit que l'ostéopathie peut faire quelque chose pour les enfants atteints de plagiocéphalie. Est-vrai ?

Le mot vient du Grec plagios (oblique) et kephale (tête). Il s'agit d'une déformation asymétrique de la tête, plate postérieurement d'un seul côté ou des deux.

Deux types de plagiocéphalies, de nature différente

  • La plagiocéphalie sur craniosténose : soudure prématurée des sutures crâniennes du nouveau-né. Ce type de plagiocéphalie n'est pas du ressort de l'ostéopathe. Elle peut nécessiter le recours à la chirurgie. Elle est heureusement rare.
  • La plagiocéphalie positionnelle (ou plagiocéphalie posturale) : de loin la plus fréquente, il s'agit d'une déformation bénigne du crâne du nouveau-né.

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Plusieurs formes de plagiocéphalies

Son origine n'est pas totalement élucidée

  • Les ostéopathes avancent l'idée de contraintes mécaniques : crâne de l'enfant maintenu dans une position pendant trop longtemps, ce qui  modèle son développement (la jeune pousse courbée).

Ses conséquences

  • La principale est la création d'anomalies dans l'occlusion dentaire et la création d'une scoliose.
  • Il y a, bien évidemment des conséquences d'ordre esthétique.
  • Dans la plagiocéphalie positionnelle, le développement psycho-moteur de l'enfant est rarement perturbé.

Que peut faire l'ostéopathe ?

Le traitement ostéopathique est, en esprit, très proche de celui du torticolis. 

  • Il consiste à décomprimer la base du crâne, à la remodeler pour lui rendre sa symétrie.
  • Il est d'autant plus efficace et rapide que l'enfant est vu  rapidement après la naissance.
  • Plus on attend, plus les structures se figent et s'organisent dans leur malposition et plus il devient difficile de modifier la forme.
  • Le traitement ostéopathique doit parfois être associé à un traitement de kinésithérapie (notamment s'il y a torticolis).
  • Dans le traitement tardif (après 3 mois) il ne faut pas espérer récupérer la forme (même si des améliorations sont encore possibles).
  • Mais permettre aux structures de retrouver leur plasticité naturelle ou de s'en rapprocher est toujours positif pour aider le développement harmonieux des fonctions associées.Remonter

Quelques idées reçues à dissiper

  • ce n'est pas la position de la tête sur l'oreiller qui crée la plagiocéphalie, mais elle peut la fixer ou l'aggraver ;
  • dormir sur le dos ne crée pas la tête plate [1] (il y a des siècles que les enfants dorment sur le dos, sans pour autant avoir la tête plate) ;
  • lorsque la plagiocéphalie existe, la tête de l'enfant a tendance à se placer dedans, ce qui peut aggraver le phénomène.

Quelques conseils

  • Si l'enfant présente une plagiocéphalie postérieure (arrière de la tête plate), éviter la position sur le dos. Le coucher alternativement sur un côté.
  • S'il faut éviter la position sur le ventre pendant le sommeil dont on sait qu'elle peut favoriser la mort subite du nourrisson, elle peut être utilisée lorsque l'enfant est éveillé (elle stimule les muscles érecteurs du rachis).
  • Si la plagiocéphalie est latérale, placer une butée (rembourée) pour que la tête de l'enfant ne puisse «tomber» de ce côté, et/ou le faire dormir de l'autre côté.
  • Stimuler la rotation de la tête de l'autre côté : disposer le lit dans la chambre de telle façon que la lumière arrive du côté opposé à l'aplatissement, de même pour les objets d'intérêt pour l'enfant : jouets, mobiles, la cuillère, visages familiers, etc.
  • Une aide possible avec le Bibed, un matelas de mousse préformé qui sert de couchage jour et nuit. C'est un couchage multifonctionnel adapté aux nouveau-nés et spécialement conçu pour leur confort et leur sécurité en position couché sur le dos. Un dispositif de formes originales positionnent le corps du bébé pour une optimisation des fonctions de digestion, de respiration et de sommeil.

[1] Dr Jean-Marc Retbi : [[http://www.osteopathie-france.net/essai/plagio/68-bebedos]