Les problèmes de structure


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L'ostéopathie est une approche de choix pour plusieurs problèmes touchant la structure crânienne et vertébrale.
Citons entre autres : le torticolis congénital, la plagiocéphalie, la scoliose.

 

Torticolis congénitalFleche-Haut


« Torticolis », voilà un nom qui dit bien ce qu'il veut dire (cou-tordu).

  • On le dit congénital, parce qu'il existe dès la naissance.
  • Il se manifeste par une position figée de la tête, inclinée d'un côté, et tournant plus facilement du côté opposé.

Son origine

L'ostéopathe considère que le torticolis congénital est consécutif à des contraintes mécaniques de compression imposées sur la base du crâne (parties condylaires),    par malposition intra-utérine (crise du logement),

  • par une compression de fin de grossesse,
  • par la naissance elle-même.

La compression de la base provoque une irritation unilatérale du nerf spinal (XIe nerf crânien), ce qui conditionne une contracture de muscles de la nuque (notamment, le sterno-cléido-mastoïdien).

Le torticolis congénital peut être ou non associé à une plagiocéphalie.

structure-01Ses conséquences

  • Structurelles : l'enfant vit et grandit avec la tête de travers.
  • Le risque est également qu'une position figée de la tête ne le fasse reposer toujours du même côté lorsqu'il est allongé, provoquant ou aggravant une plagiocéphalie positionnelle.
  • Fonctionnelles : la rotation de la tête est limitée d'un côté. Cela peut avoir des conséquences gênantes dans l'allaitement maternel. Un côté est plus problématique.
  • À plus long terme, la dissymétrie maintenue sur la base du crâne peut être à l'origine de problèmes d'occlusion dentaire et de scoliose.

Que peut faire l'ostéopathie ?

  • Sur le plan ostéopathique, le traitement est relativement facile et efficace.
  • Il consiste à décomprimer la base du crâne, à la remodeler pour lui rendre sa symétrie.
  • Il est d'autant plus efficace et rapide que l'enfant est vu rapidement après la naissance.
  • Plus on attend, plus les structures se figent et s'organisent dans leur malposition et plus il devient difficile de modifier la forme.
  • Le traitement ostéopathique doit parfois être associé à un traitement de kinésithérapie.

PlagiocéphalieFleche-Haut


Du Grec plagios (oblique) et kephale (tête) : déformation asymétrique de la tête, uni ou bilatérale, plate postérieurement.

Deux types de plagiocéphalies, de nature différente

  • La plagiocéphalie sur craniosténose : soudure prématurée des sutures crâniennes du nouveau-né. Ce type de plagiocéphalie n'est pas du ressort de l'ostéopathe. Elle peut nécessiter le recours à la chirurgie. Elle est heureusement rare.
  • La plagiocéphalie positionnelle (ou plagiocéphalie posturale) : de loin la plus fréquente, il s'agit d'une déformation bénigne du crâne du nouveau-né.
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Plusieurs formes de plagiocéphalies

Son origine n'est pas totalement élucidée

  • Les ostéopathes avancent l'idée de contraintes mécaniques : crâne de l'enfant maintenu dans une position pendant trop longtemps, ce qui  modèle son développement (la jeune pousse courbée).

Ses conséquences

  • La principale est la création d'anomalies dans l'occlusion dentaire et la création d'une scoliose.
  • Il y a, bien évidemment des conséquences d'ordre esthétique.
  • Dans la plagiocéphalie positionnelle, le développement psycho-moteur de l'enfant est rarement perturbé.

Que peut faire l'ostéopathe ?

Le traitement ostéopathique est, en esprit, très proche de celui du torticolis. 

  • Il consiste à décomprimer la base du crâne, à la remodeler pour lui rendre sa symétrie.
  • Il est d'autant plus efficace et rapide que l'enfant est vu  rapidement après la naissance.
  • Plus on attend, plus les structures se figent et s'organisent dans leur malposition et plus il devient difficile de modifier la forme.
  • Le traitement ostéopathique doit parfois être associé à un traitement de kinésithérapie (notamment s'il y a torticolis).
  • Dans le traitement tardif (après 3 mois) il ne faut pas espérer récupérer la forme (même si des améliorations sont encore possibles).
  • Mais permettre aux structures de retrouver leur plasticité naturelle ou de s'en rapprocher est toujours positif pour aider le développement harmonieux des fonctions associées.Remonter

Quelques idées reçues à dissiper

  • ce n'est pas la position de la tête sur l'oreiller qui crée la plagiocéphalie, mais elle peut la fixer ou l'aggraver ;
  • dormir sur le dos ne crée pas la tête plate [1] (il y a des siècles que les enfants dorment sur le dos, sans pour autant avoir la tête plate) ;
  • lorsque la plagiocéphalie existe, la tête de l'enfant a tendance à se placer dedans, ce qui peut aggraver le phénomène.

Quelques conseils

  • Si l'enfant présente une plagiocéphalie postérieure (arrière de la tête plate), éviter la position sur le dos. Le coucher alternativement sur un côté.
  • S'il faut éviter la position sur le ventre pendant le sommeil dont on sait qu'elle peut favoriser la mort subite du nourrisson, elle peut être utilisée lorsque l'enfant est éveillé (elle stimule les muscles érecteurs du rachis).
  • Si la plagiocéphalie est latérale, placer une butée (rembourée) pour que la tête de l'enfant ne puisse «tomber» de ce côté, et/ou le faire dormir de l'autre côté.
  • Stimuler la rotation de la tête de l'autre côté : disposer le lit dans la chambre de telle façon que la lumière arrive du côté opposé à l'aplatissement, de même pour les objets d'intérêt pour l'enfant : jouets, mobiles, la cuillère, visages familiers, etc.
  • Une aide possible avec le Bibed, un matelas de mousse préformé qui sert de couchage jour et nuit. C'est un couchage multifonctionnel adapté aux nouveau-nés et spécialement conçu pour leur confort et leur sécurité en position couché sur le dos. Un dispositif de formes originales positionnent le corps du bébé pour une optimisation des fonctions de digestion, de respiration et de sommeil.

[1] Dr Jean-Marc Retbi : [[http://www.osteopathie-france.net/essai/plagio/68-bebedos]

ScolioseFleche-Haut


Il s'agit d'une déviation latérale de la colonne vertébrale.

On décrit classiquement deux types de scoliose, la scoliose bénigne encore appelée attitude scoliotique et la scoliose grave ou idiopathique.

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Schémas de différentes courbures scoliotiques

La scoliose idiopathique

On ne connaît pas vraiment l'origine de cette scoliose. Les tenants de la théorie crânienne pensent qu'elle se fonde bien souvent sur de graves altérations du mécanisme crânio-sacré, la plupart du temps secondaires

  • à une fin de grossesse difficile (une compression intra-utérine du foetus),
  • une naissance difficile,
  • un traumatisme important de la petite enfance. L'examen palpatoire ostéopathique retrouve presque toujours une compression des os de la base du crâne, parfois dans certaines zones vertébrales, associées à de très fortes tensions de la dure-mère.

Ces altérations font qu'au moment de la poussée de croissance de la puberté, les tissus vertébraux ne peuvent se développer de façon harmonieuse, les zones de restriction freinant la croissance (phénomène de la jeune pousse courbée).

La scoliose bénigne

Cette scoliose est habituellement décrite comme consécutive à une bascule du bassin secondaire au raccourcissement d'un membre inférieur.

  • Si la bascule du bassin a pour origine une vraie différence de longueur des membres inférieurs, le port d'une talonnette se justifie, et permettra de compenser le déséquilibre.
  • Mais le plus souvent, ce déséquilibre résulte d'une altération du mécanisme crânio-sacré entraînant une dissymétrie du bassin.
  • Ainsi le traitement logique de ces scoliose doit s'intéresser à l'axe crânio-sacré, même si d'autres mesures thérapeutiques peuvent être très utiles (gymnastique corrective, kinésithérapie, techniques Mézières, etc.).Les attitudes scoliotiques sont très fréquentes et ne sont le plus souvent en elle-même ni graves ni inquiétantes, un suivi s'avère indispensable notamment avant la puberté et lors de la poussée de croissance correspondante, parce que si la scoliose doit dégénérer en scoliose grave, c'est à cette époque qu'elle le fera (la jeune pousse courbée).

La poussée de croissance de la puberté

La poussée de croissance impérieuse de la puberté, freinée de manière non symétrique pas des lésions (compression, rigidité) du mécanisme crânio-sacré ou de la colonne vertébrale, amène la colonne à se comporter comme un ressort que l'on comprime, c'est-à-dire aggraver les courbures physiologiques (lordose lombaire et cervicale, cyphose dorsale) à créer les courbures non physiologiques de la scoliose.
Or, bien entendu, rien ne peut arrêter la croissance. Ainsi, plus le temps passe, plus le phénomène s'amplifie, entraînant très rapidement une déformation structurale irréversible des corps vertébraux.

Scoliose et appareillage dentaire

Le phénomène scoliotique peut se trouver sérieusement aggravé par la pose d'un appareillage dentaire qui augmente la rigidité membraneuse du mécanisme crânien et rend la colonne moins apte à gérer les contraintes mécaniques qu'elle subit lors de la puberté.

Quelques points essentiels (désolé, Mr. Décrets)


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Dans toutes les affections qui viennent d'être évoquées, la rapidité d'intervention est absolument essentielle.

Au niveau de la formestructure-04

  • La principale raison des altérations dans la forme, vient des parties comprimées, « gelées » qui ne permettent pas le développent normal de la structure (jeune pousse courbée).
  • Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce n'est pas l'ostéopathe qui corrige. Il se contente de relâcher, de « dégeler ».
  • Une fois la libération tissulaire réalisée, c'est le système lui-même qui s'auto-corrige (pouvoir d'autoguérison), grâce à la poussée de croissance interne, particulièrement puissante dans les premières semaines de la vie.
  • Au niveau du crâne, il faut agir dans les trois premiers mois.
  • Plus on avance dans le temps, plus cette puissance interne va diminuant, donc moins le potentiel interne d'auto correction est fort.

Dans la relation structure/fonction

Implique que si la structure est profondément altérée, la ou les fonctions qui lui sont associées courent le risque de l'être aussi. Plus on libère tôt,

  • moins les cycles de compensations sont engagés et intégrés ;
  • plus le système a de chance de reprendre sa « route normale » ;
  • moins il y aura de conséquences dans le développement psycho-moteur de l'enfant.

Alors que faire ?

Je ne vois pas d'autre solution que d'insister auprès du médecin traitant pour qu'il accorde ce fameux certificat de non-contre-indication...

C'est de l'avenir de votre enfant qu'il s'agit !

 

Avertissement


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  • Ajoutons que les décrets d'application de mars 2007 n'autorisent la pratique de manipulations du crâne, de la face et du rachis chez le nourrisson de moins de six mois qu'après établissement d'un diagnostic médical attestant « l'absence de contre-indication médicale à l'ostéopathie. »

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